PATRIMOINE

Des récits partagés pour un voyage dans la culture.

Le cyclone du 18 août 1891.

Dans le dernier volet Fort de France et ses fléaux nous aborderons la destruction de la ville capitale par l’eau. Pour rappel, nous vous avions déjà présenté la destruction par la terre puis par le feu.

Dans la nuit du 18 au 19 août 1891, un puissant cyclone ravagea Fort de France, ainsi qu’une grande partie de l’île. Ce mardi 18 août commença de la même manière, par “un temps au beau fixe”. Mais durant la journée le temps se dégrada peu à peu. Des signes indiquèrent l’arrivée d’une calamité pour la soirée. Pour beaucoup cela n’augurait rien de bon. Le baromètre avait beau indiquer des chiffres mais nul ne pouvait prévoir la force avec laquelle elle frapperait. Plus tard dans la soirée, la population de la ville fut confronté à la colère de l’ouragan. Crachant pluie et vent dans une colère pleine d’éclairs, il arrachait et détruisait tout ce qui se trouvait sur son chemin. La Martinique se trouvant sur le passage du phénomène, le prit du coup de plein fouet. Fort  de France, Saint pierre et tous les autres bourgs furent dévastés.

 

Le bilan sur la ville capitale fut le suivant: “le marché en fer, tordu et renversé, a écrasé dans sa chute un certain nombre de victimes. L’immense salle numéro 4 de l’hôpital militaire, bâtiment de plus de 40 mètres de longueur, s’est effondré, écrasant ceux qui s’y trouvaient. On a retiré des décombres quatre cadavres et nombre de blessés”. De plus “les constructions neuves étaient éventrées, penchées ou renversées. Les maisons n’avaient plus de toitures” ; “les ateliers, les magasins du bassin de radoub sont renversés”,“la Savane est dévastée ; ses allées d’arbres séculaires jonchent le sol ; les baraquements construits après l’incendie du 22 juin ont été bousculés, écrasés par les arbres dans leur chute. Un bombardement en règle n’aurait pas produit un semblable désastre”. 700 morts seront dénombrés sur toute l’île.

Mais comme à son habitude la ville et ses citoyens retrousseront leurs manches afin de remettre sur pied leur ville si chère à leurs yeux. Un bon nombre de cyclones et ouragans auront frappé l’île mais celui de 1891 resta gravé dans les mémoires.

 

Extraits tirés de : « Un cyclone dans les Antilles : l’ouragan de 1891 à la Martinique / par Edouard FORTIER » https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57857389/f20.image.texteImage