PATRIMOINE

Des récits partagés pour un voyage dans la culture.

 

La ville de Fort- Royal et ses fléaux 

Devenue ville capitale à la suite de la destruction de la ville de Saint Pierre, Fort Royal subit à son tour une suite de catastrophes. Malgré les destructions et les désolations occasionnées, elle renaîtra à chaque fois  de ses cendres.

Fort de France
Fort de France
2#  L’incendie du  22 Juin 1890

Fort Royal en 1890 est alors une ville reconstruite qui compte en son sein 16 000 âmes. Elle est de nouveau bouillante de vie comme n’importe quelle capitale. Élément rassurant, le conseil municipal a pris des mesures pour se prémunir de désastres tel celui de 1839. Comment imaginer qu’en réalité le décor d’un nouveau drame se met en place insidieusement?

C’est par un chaleureux dimanche matin du 22 juin que l’histoire de la ville prend un tournent dramatique pour la seconde fois. La tragédie frappe au n°79 de la rue Blénac, sur un terrain appelé Cour Sully dans une petite chambre au 1 er étage, habitée par Adeline Hercule Marguerite 55 ans, son fils Léopold et son petit neveu Omer. Un feu s’y déclare sur les coups de 8:30. Le carême cette année là est particulièrement coriace. La chaleur intense aspire la moindre source d’humidité, provoquant par la même l’assèchement de tous les points d’eau.

Pour la petite histoire, Adeline, avant de s’en aller travailler au marché, aurait laissé le repas sur le feu. Les enfants laissés seuls se seraient mis à jouer et le petit Omer 5 ans aurait renversé le braséro. Le bois sec de la construction se serait ainsi rapidement embrasé.

Toutes les maçonneries des édifices de la nouvelle ville supportaient des étages en bois depuis les directives prises par le conseil municipal des années auparavant. Cet aménagement urbain permet malheureusement au feu de se répandre d’étages en étages, de proche en proche à grande vitesse. L’incendie dure un jour et une nuit, prolifère, décourageant en même temps toutes les bonnes intentions. Le centre ville est complètement ravagé. On dénombre 13 victimes et 1 015 propriétés détruites.

Cette décision, partie d’une bonne intention, aura hélas des conséquences inimaginables sauf pour Louis Garaud qui s’était exprimé en ces termes : « Il y a cinquante ans environ, en 1839, un tremblement de terre avait renversé Fort-de-France. Pour éviter de semblables catastrophes on crut nécessaire de rebâtir une cité reposant légèrement sur le sol et entièrement construite en bois. Hélas ! Le sort de ces villes est de devenir tôt ou tard la proie du feu». Malheureusement la suite des événements lui donna raison.